Grades et degrés additionnels

Ces Grades additionnels -qui ne sont pas considérés comme des Hauts Grades mais comme de simples compléments au 2ème et au 3ème Grades ou Degrés- viennent compléter les 3 Degrés symboliques, tout en étant administrés séparément du Rite. Ce sont les Grades ci-dessous, qui possèdent leurs propres Rituels et sont administrés de façon autonome tout en ayant une relation particulière avec la Grande Loge du fait de leur recrutement parmi les Frères Maîtres-Maçons de cette dernière.

Sainte Arche Royale de Jérusalem

Cet Ordre, appelé communément Arche Royale, occupe une place particulière dans la Franc-Maçonnerie régulière. Il ne s’agit pas d’un 4ème Grade mais d’un complément du 3ème Grade de la Franc-Maçonnerie. L’ « Act of Union » de 1813 contient à cet égard un article souvent cité, « Il est ci-après déclaré et statué que la pure et ancienne Maçonnerie consiste en trois Grades et non davantage ; ceux d’Apprenti, de Compagnon et de Maître, inclus l’Ordre Suprême de la Sainte Arche Royale ».
L’Arche Royale représente l’essence même de la Franc-Maçonnerie symbolique, permettant de compléter dans son essence le Grade de Maître sensé contenir la quintessence de la philosophie maçonnique.
Un riche symbolisme traite de la reconstruction du Temple, et des symboles très anciens permettent au « pratiquant » d’approfondir et d’apporter un nouvel aspect à ses recherches, lui donnant de plus amples ouvertures et une plus large perception de ce symbolisme.

La pratique régulière du Rituel donne l’opportunité de comprendre le pourquoi et le comment de chacune de ses phases et celle de développer la compréhension pour d’autres Grades futurs.

Suprêmes Conseils des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et Dernier Degré du Rite Écossais Ancien Et Accepté

La hiérarchie pyramidale des 33 Degrés du REAA se décompose ainsi :
 Les Grandes Loges symboliques ou Obédiences régulières regroupant les Loges symboliques, ateliers du 1er au 3ème Degré ; donc placés sous l’autorité exclusive de ces Grandes Loges régulières par concordats passés entre celles-ci et les Suprêmes Conseils ;

 Les Suprêmes Conseils des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et Dernier Degré du Rite Écossais Ancien Et Accepté, divisés comme suit.
 Les Loges de Perfection, ateliers du 4ème au 14ème Degré ;
 Les Chapitres, ateliers du 15ème au 18ème Degré ;
 Les Aréopages, ateliers du 19ème au 30ème Degré ;
 Les Tribunaux, ateliers du 31ème Degré ;
 Les Consistoires, ateliers du 32ème Degré ;
 Le Conseil suprême, atelier du 33ème Degré.

Les 3 derniers Degrés sont des Degrés administratifs, le 30ème ou Chevalier Kadosh constituant la synthèse finale des Degrés initiatiques du Rite.

Cette hiérarchie est couronnée, par le Suprême Conseil qui détient, sous la direction d’un Président, la responsabilité exclusive de la conservation de la doctrine, et du gouvernement de l’Ordre, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Juridiction. Seul, il a pouvoir de décision et exerce une souveraineté aristocratique pour les Degrés 4° à 33°.

Les fondements constitutionnels de tous les Suprêmes Conseils reposent sur les Constitutions de 1762 et les Grandes Constitutions de 1786, qui leurs confèrent, exclusivement, leurs caractéristiques et leur entité.

 Les Constitutions de 1762 (dites de Bordeaux) créent et organisent le Rite de Perfection, divisé en 25 Degrés et en 7 classes, avec une répartition des pouvoirs visant à créer un Centre relié à la Tradition, et dont dépend tout le Rite.
 Les Grandes Constitutions de 1786 ensuite, seules lois fondamentales de l’Ordre, qui corrigent et ordonnent la hiérarchie en 33 Degrés, affirment les valeurs essentielles du Rite, et représentent le ciment de tous les Suprêmes Conseils du Rite Ecossais Ancien et Accepté unis sous la même devise : « Ordo ab Chao, Deus Meumque Jus ». Cela a été le passage au « Suprême Conseil de Charleston », considéré comme le premier d’entre tous et jouant le rôle de régulateur pour l’ensemble des Suprêmes Conseils du Monde.

Sur le plan historique, il est bon de savoir qu’en même temps qu’il se développait en France à la fin du XVIII siècle, « l’Ecossisme » franchit l’Océan et essaima en Amérique, grâce à Etienne Morin, probablement initié à Bordeaux, qui effectua de nombreux voyages aux Antilles et fonda à St Domingue une Loge écossaise symbolique. Après avoir participé aux Constitutions de Bordeaux, il présenta à St Domingue le Rite de Perfection en 25 Degrés. Son député Francken partit en Amérique du Nord en 1767, où il patenta une Loge de Perfection et un Grand Chapitre de Sublimes Princes du Royal Secret.

C’est de ce dernier que partit le Rite Ecossais Ancien et Accepté puisque Francken patenta à son tour, les « 11 gentlemen de Charleston ». John Mitchell et Frédéric Dalcho constituèrent en 1801 le premier Suprême Conseil dont fut membre le Comte Auguste De Grasse-Tilly, gendre de Delahogue arrivé à St Domingue en1789. De Grasse-Tilly fonda en 1802 un Suprême Conseil des Indes Occidentales françaises (Suprême Conseil des Iles Françaises d’Amérique du vent et sous le vent). Il revint en France pour fonder le Suprême Conseil pour la France en 1804 -donc le second au Monde, et essaima plusieurs Suprêmes Conseils en Europe. C’est de là que naquirent tous les Suprêmes Conseils des Grands Inspecteurs Généraux du 33e et dernier Degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté, de Charleston en 1801 et de Paris en 1804.

L’approche ésotérique de ce Rite est très ancienne. Suivant un mythe reconnu, le monde du moyen-âge rêvait de la dimension spirituelle d’un « Saint- Empire », synthèse des modèles perse, romain, byzantin et de l’Islam ; dont un Empereur serait le médiateur entre le Ciel et la Terre.

C’est l’Empereur de Prusse, Frédéric II, homme éclairé, qui signa les Grandes Constitutions de 1786 et comme le rappelait Bernard Guillemain, « deux traditions, l’une politique, l’autre spirituelle du Saint-Empire ont pu ainsi coexister. Les Grandes Constitutions de 1786 formulaient en effet une version de la tradition spirituelle ». Le concept d’imperium a donc inspiré progressivement les Degrés de « l’Ecossisme », jusqu’à renforcer le mythe du Saint-Empire tandis que s’estompait le mythe symbolique.

Comme tout mythe, il nous invite à découvrir sa ligne ésotérique, à nous donner accès à une dimension autre et à révéler l’immanence du Principe. Ce « Saint Empire », chacun doit donc d’abord le construire en lui par la possession des fonctions royale et sacerdotale et dans une tension permanente vers l’Absolu.

Etant aussi bien axé sur le plan temporel que spirituel, il est un monde organisé autour d’un Centre et la réalisation personnelle doit déboucher sur une action collective, créant une fraternité à travers une vision sacrée du monde, vers l’unité des peuples et de la société.

Les Rituels pratiqués par les Francs-Maçons sous juridiction des Suprêmes Conseils des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et Dernier Degré du Rite Écossais Ancien Et Accepté en sont une illustration frappante et continue, avec de nettes intrications avec nombre de cultures humaines. On en perçoit alors toute l’universalité.

Maçonnerie de Marque

Cette dernière est ancienne et la légende dit que l’on en aurait retrouvé une trace dans la « Loge mère » écossaise de Kilwinning, datant de 1642. Elle s’est ensuite répandue en Angleterre et en Irlande. C’est en 1856, en Angleterre, que la Maçonnerie de Marque s’est constituée en Grande Loge, aujourd’hui toujours reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre. La Maçonnerie de Marque est ouverte à tout Maître Maçon.

Le Grade de Maître Maçon de Marque (ou Mark Master ou encore Mark Mason) est une continuation de l’ancien Grade opératif de Compagnon (à l’origine, le Grade de Compagnon était le dernier Grade initiatique, l’appellation de Maître étant réservée uniquement au Maître ou Vénérable qui présidait la Loge).

L’enseignement donné au Compagnon est présenté et développé au Maître Maçon de Marque en mettant l’accent sur la fameuse « pierre angulaire » rejetée par les bâtisseurs ; pierre qu’il doit travailler avec assiduité et sincérité. Cette pierre d’angle est la maîtresse de l’œuvre, et n’est autre que la clé de voûte de l’édifice sur laquelle il doit inscrire sa « marque », signe géométrique que l’on retrouve sur les édifices monumentaux et religieux.

Le Rituel de la Maçonnerie de Marque, riche en symboles et en enseignements, conduit le Maître Maçon de Marque à insérer sa propre construction dans un ensemble auquel elle doit parfaitement s’adapter. La leçon morale transmise concerne la récompense du travail, tout en étant porteuse d’un message d’encouragement et d’espérance.