Ces pages s’adressent aux hommes de bonne volonté qui désirent obtenir des informations sérieuses et objectives sur l’authentique Franc-Maçonnerie Régulière, traditionnelle et spirituelle.

1. Sa mission traditionnelle est de transmettre aux hommes qualifiés pour la recevoir, une influence spirituelle qui éveillera en eux un élan profond, une virtualité propre, encore informulée. Elle offre ainsi une méthode de travail, une perspective de recherche personnelle accessible à tout homme capable de liberté d’esprit, d’engagement spirituel, de fraternité vivante. Celui qui souhaite donner à son existence une autre dimension le peut, dans un Ordre qui, dans ses pratiques rituelles à fonction symbolique, se veut à l’écart du monde profane et entend en ignorer les agitations et les idéologies.

2. La présentation de notre Ordre comme le seul représentant de la Franc-Maçonnerie Régulière dans notre Pays n’est que le résultat de l’histoire de la Franc-Maçonnerie en Guinée. La Franc-Maçonnerie Régulière, Traditionnelle et Spirituelle est régie par la « Règle en 12 points « qui est conservée par la Grande Loge Unie d’Angleterre, Grande Loge Mère de toutes les Grandes Loges Régulières du Monde. Cette « Règle en 12 points « est abordée ci-après.

3. Une erreur serait de croire que la Franc-Maçonnerie serait une société secrète. Elle l’est si peu qu’en Angleterre les listes nominatives de ses membres sont déposées dans les Communes, qu’en France les statuts de la G.L.N.F. sont déposés à la Préfecture de Police de Paris et que dans tous les autres pays où elle existe, la Franc-Maçonnerie Régulière est déclarée selon les lois en vigueur dans chacun d’entre eux. En Afrique, existent depuis de nombreuses années des Loges dans les pays anglophones (Afrique du Sud, Nigéria, Zambie, Libéria, Ghana, etc) et également dans les pays francophones (Gabon, Bénin, Togo, Côte d’Ivoire, Maroc, Cameroun, Madagascar, Sénégal, Burkina-Faso, etc). Les autorités de tous ces pays ont aidé à la naissance de ces Grandes Loges qui y travaillent en toute légalité. En Guinée, la Franc-Maçonnerie Régulière existe depuis une vingtaine d’années et ses statuts ont été déposés au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité depuis son implantation.

4. Quel est notre passé ? Qu’est-ce exactement que la Régularité Maçonnique ? Quels sont nos principes et nos buts ? Comment répondre, enfin, à quelques questions fréquemment posées ? C’est ce que nous allons essayer d’expliquer succinctement.

QU’EST-CE QUE LA RÉGULARITE ?

Ce sont les reconnaissances des Grandes Puissances Maçonni¬ques Régulières et l’éminente situation internationale qui en ré¬sulte, qui commandent de dire, que non seulement, la G.L.N.G. représente en Guinée la Maçonnerie Régulière, mais qu’elle en est la seule représentante. La Régularité implique cependant certains critériums internes, auxquels elle se reconnaît. Quels sont-ils ? Poser cette question, c’est poser celle de l’essence même de notre Institution. En termes clairs, qu’est-ce que la Franc-Maçonnerie ? Notre rituel y répond par ces paroles simples, aussi éloignées qu’il est possible d’un système philosophique nébuleux :

La Franc-Maçonnerie est un système particulier de morale enseignée sous le voile de l’allégorie au moyen de symboles.

Cette vérité se décompose, à l’analyse, en deux propositions :

SYSTEME PARTICULIER DE MORALE

La base de cette méthode, ce qui la rend «particulière, n’est autre qu’une spéciale glorification du Travail. Elle s’explique par nos origines. Demeurés des constructeurs, nous avons transposé la destination des Outils de nos ancêtres.

ALLÉGORIES ET SYMBOLES

Tout enseignement peut se concevoir de deux manières : la méthode rationnelle ou l’Image. Sans méconnaître, certes, la valeur de la première, la Maçonnerie use de la seconde. Elle ne fut pas la seule à en user. Il n’est que de faire référence aux paraboles évangéliques.

Cette méthode peut cependant ne pas convenir à certaines intelligences, même brillantes telle est la raison pour laquelle tout homme n’est point initiable. L’initiation présuppose une sélection, une qualification et une vocation. Ainsi défini, l’idéal du Travail postule une technique. C’est l’Art.

La Franc-Maçonnerie est donc une ascèse, un mode de perfectionnement humain. C’est là le sens de l’image «Rendre cubique la pierre brute «. Une pierre isolée, si belle fut-elle, serait cependant un non-sens architectural. Sa finalité est d’être ajustée à d’autres pierres, en vue d’ériger selon certaines normes, dans l’ordre, l’équilibre et la beauté, le Temple symbolique. Le perfectionnement individuel conduit ainsi à l’idéal d’un ordre social. Il faut cependant aller plus loin encore. L’Univers est visiblement une cons-truction. Comme tout édifice, il relève donc d’un Constructeur. L’esprit conçoit ainsi logiquement un Grand Architecte de l’Univers, Dieu. On aperçoit dès lors sans peine comment et pourquoi, en biffant cette dernière formule de leurs Constitutions ou en la vidant de sa signification claire et précise, certaines formations irré¬gulières se sont mutilées au point de perdre le support essentiel de tout symbolisme maçonnique. L’irrégularité peut être là, si l’on ose dire, touchée du doigt. La Maçonnerie s’interdit toutefois d’aller plus loin. Elle n’est pas une Religion. Loin de contredire les Religions révélées, elle leur mar¬que, bien au contraire, son respect en ne se substituant pas à elles.

Elle est compatible avec toutes. Elle n’est incompatible qu’avec l’athéisme. Ici cependant, une précision s’impose, touchant la conception qui, de temps immémorial, a été la sienne, du Grand Architecte de l’Univers. Il est le Créateur, et cela sans équivoque ni échappatoire panthéiste ou immanentiste. Il n’est pas un symbole : en termes nets, la Franc-Maçonnerie Régulière est théiste.

En outre, et contrairement à une interprétation qui a toute la tradition maçonnique contre elle, la Franc-Maçonnerie n’entend pas davantage être une synthèse des Religions ou une sorte de « super-religion « qui les « coifferait « tou¬tes. Comment pourrait-elle y préten¬dre ? Elle ne se proclame, en effet, dépositaire d’aucune Révéla-tion. Un magistère maçonnique n’existe pas. L’Ordre Maçonnique, n’empiétant sur le domaine d’aucune Religion, compatible avec tou¬tes, ne se superpose pas à elles, mais offre une spiritualité en quel¬que sorte latérale, et qu’il est le premier à tenir pour facultative, car non seulement nul n’est obligé d’adhérer à son idéal mais c’est à une élite qu’il s’adresse.

LES PRINCIPES DE LA G.L.N.G.

La Franc-Maçonnerie est un Ordre qui se situe hors du temps et de l’espace. Elle unit des Initiés de tous lieux et de toutes époques, gens de toutes conditions, de toutes origines et de toutes Religions, qui conjuguent leurs efforts en vue de la construction du Temple idéal de la Vérité, de la Justice et de la Fraternité. En soit, cet idéal n’exige pas absolument une organisation ni une administration.

Pratiquement cependant, sans celles-ci, l’idéal maçonnique demeurerait en quelque sorte désincarné, d’où la nécessité de lui donner un corps.

On nomme Loge un groupement de Francs-Maçons. Chaque Loge porte un nom et un numéro d’Ordre. C’est la cellule de base. Elle est présidée par un Vénérable Maître, assisté de deux Sur¬veillants et divers Officiers, Secrétaire, Trésorier, etc…

On nomme Obédience un ensemble de Loges. A la tête d’une Obédience se trouve le Grand Maître, assisté de Grands Officiers. Il ne doit et il ne peut exister qu’une seule Obédience par Nation. Pour la Guinée-Conakry, l’Obédience Régulière est la G.L.N.G. et par voie de conséquence, elle seule est Régulière.

Les principes de base de la G.L.N.G. ont été formulés en une Règle en douze points, que le public est en droit de connaître et à plus forte raison les aspirants Francs-Maçons. Nous la transcrivons donc littéralement, chacun des douze points étant suivi d’un bref commentaire.

DE LA FRANC-MAÇONNERIE

1. La Franc-Maçonnerie est une fraternité Initiatique qui a pour fondement traditionnel la foi en Dieu, Grand Architecte de l’Univers. Telle est la clef de la voûte.

Les Maçonneries irrégulières ont parfois tenté d’ergoter sur le sens des mots « Grand Architecte de l’Univers «, de le réduire à un pur symbole. Aucune équivoque n’est permise ; ils désignent le Créa¬teur tout-puissant et éternel : ALLAH, DIEU, YAHVE …

2. La Franc-Maçonnerie se réfère aux « Anciens Devoirs et aux Landmarks de la Fraternité, notamment quant à l’absolu respect des traditions spécifiques de l’Ordre, essentielles à la Régularité de sa juridiction.

Ces « Anciens Devoirs « sont les « Old Charges « de la Franc¬-Maçonnerie opérative médiévale, dont le texte nous est connu par un nombre important de manuscrits. Celles de leurs dispositions relatives à des devoirs corporatifs aujourd’hui disparus ou à la technique du bâtiment ne conservent qu’une valeur de souvenir, mais d’autres ont été transposées allégoriquement à l’usage des Ateliers de la Franc-Maçonnerie spéculative. Les «Landmarks « désignent les vérités fondamentales et essentielles qui font que l’Ordre est l’Ordre et non une entité différente. Ils sont intangibles. L’ablation d’un Landmark équivaudrait à ôter la nature maçonnique elle-même d’une cérémonie ou d’un acte rituel. Citons comme exemples l’obligation pour les Maçons de se réunir en Loge, les modes de reconnaissance, l’existence de la Grande Maîtrise, etc…

Les «Landmarks « ne sont pas des symboles, mais des règles explicites et impératives, et dont la discussion n’est pas admise. Ils sont toutefois d’origine humaine et ne sont pas des dogmes.

3. La Franc-Maçonnerie est un Ordre auquel ne peuvent appartenir que les hommes libres et respectables qui s’engagent à mettre en pratique un idéal de paix, d’amour et de fraternité.

Cet article implique la règle de l’exclusion des femmes. Cette exclusion s’explique par nos origines opératives (il n’existait point de Maçonnes), et par de hauts motifs de convenance dans une société fermée. Il n’y a donc là aucune misogynie, mais le strict respect d’anciens usages qui reflètent une vieille expérience initiatique, bien antérieure à la Franc-Maçonnerie Régulière.

Le pire des contre-sens serait d’y voir quelque jugement défavorable au sexe féminin que, bien au contraire, l’Ordre respecte et honore. Dans nombre de Loges, il est même d’usage de demander au candidat marié l’accord de son épouse, afin de préserver l’harmonie de son foyer.

De même, tous rapports avec des Obédiences irrégulières purement féminines ou «mixtes « sont rigoureusement prohibés.

Appartenir au sexe masculin ne suffit cependant pas, et le même article définit l’homme initiable, et les qualités exigibles pour le recevoir.

4. La Franc-Maçonnerie vise ainsi, par le perfectionnement moral de ses membres, à celui de l’humanité toute entière.

Ainsi l’idéal collectif, voire universel, procède de celui réalisé en chaque Franc-Maçon.

5. La Franc-Maçonnerie impose à tous ses mem¬bres la pratique exacte et scrupuleuse des rituels et du symbolisme, moyens d’accès à la Connaissance par des voies spirituelles et initiatiques qui lui sont pro-pres.

L’histoire des rituels dans les Obédiences irrégulières est celle d’une déformation poursuivie depuis un siècle et demi avec persé¬vérance. Les unes les ont expurgés et «laïcisés « au gré des rationa¬listes au point de les avoir vidés de toute substance. C’est ainsi qu’au Grand Orient de France, le port du Tablier lui-même est devenu facultatif. D’autres les ont bourrés et en quelque sorte truffés d’adjonctions fantaisistes, souvent occultistes.
La G.L.N.G. admet la diversité des Rites, à la condition qu’ils soient ceux en usage dans la Franc-Maçonnerie Régulière et Universelle et qu’ils soient pratiqués dans toute leur pureté.

6. La Franc-Maçonnerie impose à tous ses membres le respect des opinions et croyances de quiconque. Elle leur interdit en son sein toutes discussions ou controverses politiques ou religieuses. Elle est ainsi un centre permanent d’union fraternelle où règne une compréhension tolérante et une fructueuse harmonie entre des hommes qui, sans elle, seraient restés étrangers les uns aux autres.

Cet article doit être bien compris. La Franc-Maçonnerie n’interdit pas les divergences de pensée chez ses membres. Elle respecte notamment leurs opinions religieuses, et il est dès lors faux de prétendre, comme les Obédiences irrégulières, qu’elle condamne les dogmes. Une Religion sans dogmes serait en effet inconcevable. Or, précisément, tout Maçon est libre de sa Religion. La vérité est qu’en tant que telle, la Maçonnerie n’énonce pas de dogmes, ce qui est tout différent.

Le dogmatisme individuel n’exclut nullement le respect de la pensée d’autrui, serait-elle dogmatique elle-même.
Les derniers mots de cet article sont tirés des Constitutions d’Anderson. On pourrait les résumer fidèlement d’un mot : La Franc-Maçonnerie est un lieu géométrique.

Les sujets politiques ne doivent jamais être débattus en Loge. Ils divisent en effet les hommes et sont incompatibles avec un idéal d’harmonie fraternelle. C’est là une autre différence entre la Maçonnerie Régulière et les pseudo-Maçonneries, au sein desquelles les discussions politiques sont courantes, voire même les préoccupations d’ordre électoral. Un membre de la G.L.N.G. qui interrogerait directement un frère sur ses opinions politiques ou ses votes serait tenu pour coupable d’une inadmissible indiscrétion.

7. Les Francs-Maçons prennent leurs obligations sur un Volume de la Sainte Loi (V.S.L.) afin de donner au serment prêté sur Elle, le caractère solennel et sacré indispensable à sa pérennité.

8. Les Francs-Maçons s’assemblent, hors du monde profane, dans des Loges où sont toujours exposées les trois Grandes Lumières de l’Ordre : le V.S.L., l’Equerre et le Compas, pour y travailler selon le rite, avec zèle et assiduité et conformément aux principes et règles prescrits par la Constitution et les Règlements Généraux de l’Obédience.

Ces deux articles sont inséparables.

Le Compas symbolise généralement la rectitude de nos conceptions théoriques, motif pour lequel ses branches sont mobiles.
L’Equerre symbolise la Règle morale, motif pour lequel ses bran¬ches sont rigides.

Compas et Equerre sont dès lors complémentaires, mais il se¬rait dépourvu de sens qu’assemblés, ils reposent sur le vide. C’est sur le Volume de la Sainte Loi (V.S.L.) qu’ils doivent être posés, et ce dernier est donc «la plus importante des trois Grandes Lumières «. Il recèle la Loi ou Volonté Divine.

Le Serment est prêté sur le V.S.L., qui engage la conscience du candidat. Si le candidat est musulman, ce livre sera le Coran, s’il est chrétien, ce sera la Sainte Bible ou le Nouveau Testament, s’il est israélite, ce sera la Torah.

Ce qui est interdit est d’enlever au rite du serment tout caractère religieux, de le laïciser en une parole d’honneur, en une «simple promesse « où Dieu n’aurait aucune part.

9. Les Francs-Maçons ne doivent admettre dans leurs Loges que des hommes majeurs, de réputation parfaite, gens d’honneur loyaux et discrets, dignes en tout point d’être leurs Frères et aptes à reconnaître les bornes du domaine de l’homme et l’infinie puissance de l’Eternel.

Le fils d’un Franc-Maçon ou «louveteau « jouit d’un droit de prio¬rité sur la liste des candidats en attente, sans que son admission ne soit automatique du fait de sa filiation.

10. Les Francs-Maçons cultivent dans leurs Loges l’amour de la patrie, la soumission aux lois et le respect des Autorités constituées. Ils considèrent le travail comme le Devoir primordial de l’être humain et l’honorent sous toutes ses formes.

Au XIXè siècle, les Loges ont parfois servi d’abri à des conspira¬teurs. Ce sont de tels errements – communs à toutes les sociétés humaines – qui ont favorisé le phénomène de l’irrégularité et de la «Voie substituée «. C’est pour en empêcher à jamais le retour que cet article existe.

A noter que les errements dénoncés ne furent jamais ceux de la Grande Loge Unie d’Angleterre ni ceux de la G.L.N.F., de leurs naissances à nos jours. Et la G.L.N.G. entend s’en écarter résolument. Dans les banquets maçonniques comme dans l’Agape frater¬nelle et frugale qui souvent complète les travaux et où l’esprit fra¬ternel s’épanche dans la joie, un toast obligatoire est porté au Chef de l’Etat.

11. Les Francs-Maçons contribuent, par l’exemple actif de leur comportement sage, viril et digne, au rayonnement de l’Ordre dans le respect du secret maçonnique.

Le public sera porté naturellement à juger l’ordre d’après ses membres : c’est dire la responsabilité de ceux-ci dans le monde. Nombreuses sont les vocations maçonniques déterminées par la conduite exemplaire d’un ami Franc-Maçon.

Toutefois, si un vrai Maçon régulier doit toujours marcher dans la vie «selon l’Equerre «, il n’est pas tenu de dévoiler à tous, les étapes de son ascèse ni les processus par lesquels la pratique maçonnique soutient sa vie intérieure. C’est là le sens de la réserve tirée du secret maçonnique.

12. Les Francs-Maçons se doivent mutuellement, dans l’honneur, aide et protection fraternelle, même au péril de leur vie. Ils pratiquent l’art de conserver en toute circonstance le calme et l’équilibre indispensable à une parfaite maîtrise de soi.

Les mots essentiels de ce magnifique programme de vie sont «dans l’honneur «. Ils excluent les complicités inavouables, les solidarités sordides, en bref l’ «irrégularité » dans les actes, laquelle n’est que le fruit de l’irrégularité des principes.

QUESTIONS FREQUENTES

Répondons enfin à quelques questions fréquemment posées, ainsi qu’à quelques cas de conscience dont ceux, qui ont la lourde responsabilité de diriger notre Obédience sont si souvent témoins et confidents.

Comment est organisée la Franc-Maçonnerie ?

Il n’existe pas d’organisation centrale qui aurait autorité sur l’ensemble de la Franc-Maçonnerie Régulière dans le monde. Les structures de l’Ordre Maçonnique étant nationales, il existe dans chaque pays une seule « Grande Loge «, qui a sous son obédience exclusive toutes les Loges de son territoire. Dans certains pays, comme les Etats-Unis par exemple, il existe une Grande Loge par Etat.

Les Francs-Maçons sont groupés en Loges, sous l’autorité d’un Maître de Loge élu pour une durée limitée. Les Loges sont groupées en Grandes Loges, comme indiqué ci-dessus nationales. Les Grandes Loges, qui sont un peu plus d’une centaine, sont indépendantes, autonomes et souveraines. Chacune d’entre elles présente un caractère original, mais toutes sont reliées entre elles par un consensus quant aux principes et aux usages qui constituent l’indispensable base de la Régularité Maçonnique. Ces critères communs sont connus sous le nom anglais de « Landmarks «, c’est-à-dire les bornes à ne pas dépasser sous peine de sortir du domaine de l’Ordre.

Comment devient-on Franc-Maçon ?

Il faut, pour entrer dans l’Ordre, faire expressément acte écrit de candidature, être présenté par deux parrains, et avoir atteint l’âge de 21 ans. Une enquête suit. La décision de la Loge sollicitée est sans appel. Telles sont les exigences de forme.

Les exigences de fond sont au nombre de deux : être «né libre « et de bonnes moeurs. La première est devenue archaïque dans le monde moderne mais conserve sa valeur symbolique. La seconde est d’ordre moral et concerne la bonne renommée.

Qu’est-ce qu’une Initiation ?

On nomme ainsi la cérémonie de réception. Dans le langage courant le mot «initiation « a pris un sens contraire à son étymologie. Initier, dans l’acceptation courante, est synonyme de mettre au courant. Cette déviation a favorisé la conception fausse selon laquelle le récipiendaire serait «mis au courant «, informé de quelque secret transcendant ou magique. Au sens où nous l’entendons, Initiation vient du mot latin Initium (commencement). Initier un homme, c’est déclencher en lui, une sorte de mécanisme initial, point de départ d’un travail intérieur, en d’autres mots de l’ascèse demandée.

La cérémonie se compose d’un certain nombre de rites dont la signification est symbolique, encore que verbalement expliquée. Leur archaïsme ne prête nullement à sourire. Il marque opportunément, au contraire, l’antiquité de notre Institution, et moderniser ces rites équivaudrait à lacérer nos lettres de noblesse. Ici encore, se marque la différence qui sépare la Maçonnerie Régulière de celle qui a déserté les voies de la Tradition.

Le passage à un Grade supérieur a conservé le nom opératif d’augmentation de salaire.

Comment cesse-t-on d’être Franc-Maçon ?

Contrairement à une idée fausse assez répandue, il est loisible à un Franc-Maçon de donner sa démission. Il n’a même pas à la moti¬ver et peut le faire à tout moment.

On peut également cesser d’appartenir à l’Ordre par l’effet de l’exclusion, qui est une peine disciplinaire. Cette dernière peut être prononcée soit à raison d’un acte d’indignité dans la vie privée, soit à raison d’une infraction proprement maçonnique, notamment pour avoir visité une Loge irrégulière ou reçu en Loge régulière, un Franc-Maçon n’appartenant pas à une Grande Loge reconnue par la G.L.N.G.

Pourquoi le secret ?

La Franc-Maçonnerie Régulière, si elle n’est pas une société secrète, est bien une société discrète : l’un des devoirs maçonniques est la discrétion sur ce qui se fait et se dit en Loge. De plus, nombre de Francs-Maçons préfèrent que leur appartenance demeure ignorée. Ceci tient essentiellement à des raisons historiques et au contexte social et politique de certains pays totalitaires. Ce qu’il est convenu d’appeler le «secret maçonnique « ne porte ni sur l’existence de l’Ordre, ni sur la propre appartenance d’un homme à ce dernier. Si nos cérémonies demeurent secrètes, c’est que c’est la première condition pour que s’effectue vraiment en profondeur l’ascèse dont il a été parlé.

Il est donné assurance au candidat, et cela avant qu’il ne se soit engagé, que le serment du secret qui lui est demandé n’est incompatible en rien avec ses devoirs «civiques, moraux ou religieux «. En termes non équivoques, cette assurance signifie que les Loges ne sont ni des centres de conspirateurs, ni des sociétés ayant des pratiques immorales, ni des cénacles enseignant des hérésies occultes ou quelque enseignement «sulfureux «.

Certes, ce n’est un secret pour personne que tout milieu fermé a ses risques. L’histoire de la Maçonnerie fut marquée à cet égard par deux fléaux : l’occultisme et la politique. Mais c’est précisément à leur endroit que la notion tutélaire de Régularité prend tout son relief.  La Maçonnerie authentique combat ces fléaux de toutes ses forces, mettant ses adhérents en garde contre un mal qui joua à certaines époques de l’histoire, le rôle d’un cancer intérieur.

Ces faux initiés, d’ailleurs, s’éliminent généralement d’eux-mê¬mes et donnent ainsi la meilleure preuve de la santé morale et men¬tale de la Maison qu’ils quittent et où, en effet, ils n’avaient plus leur place.

Pourquoi la Franc-Maçonnerie est-elle interdite par les dictatures ?

Les Francs-Maçons n’ont jamais manqué d’ennemis, souvent peu recommandables, ce qui constitue sans doute leur meilleur « certificat de moralité «. Le plus acharné et le plus impitoyable était Hitler, qui entendait lutter contre un imaginaire « complot judéo-maçonnique «. Les dictatures fascistes (Mussolini, Franco, Salazar…) ont également interdit à leur époque la Franc-Maçonnerie.
A l’autre extrême, les communistes lui étaient eux aussi hostiles, du moins à l’origine. Plus récemment, les extrémistes islamistes ont repris le « credo judéo-maçonnique « et affiché leur opposition formelle à la Franc- Maçonnerie…

Enfin et plus près de nous, il faut retenir que les régimes autoritaires décidèrent aussi de l’interdiction de la Franc- Maçonnerie dans leurs pays. Au Mali et en Guinée, de nombreux Francs-Maçons de grande valeur furent arrêtés et moururent en détention dans des lieux de sinistre réputation. Au Liberia les Francs-Maçons furent férocement éliminés en 1980…

En conclusion, les rapports avec les dictatures ont toujours été exécrables pour une raison aisée à comprendre : toute idéologie obligatoire et ayant besoin de la force et de la contrainte pour s’imposer est incompatible avec n’importe quelle forme de pensée autre qu’elle-même, quelle qu’elle soit.

Quelles sont les relations entre la Franc-Maçonnerie et les Religions ?

La Franc-Maçonnerie n’est pas une Religion ni un substitut à celle-ci. Elle ne prétend se substituer à aucune d’entre elles. La Franc-Maçonnerie authentique ne peut non plus avoir aucun dessein antireligieux. La fidélité aux principes de la Franc-Maçonnerie Régulière implique la reconnaissance de Dieu, Etre Suprême que la Franc-Maçonnerie Régulière appelle traditionnellement le « Grand Architecte de l’Univers «. La Franc-Maçonnerie Régulière n’a ni credo, ni révélation propre, ni dogmes, ni chefs spirituels. Elle ne propose pas non plus une mystique. Les Grandes Loges Régulières sont dans la logique de leurs objectifs initiatiques lorsqu’elles requièrent de leurs membres, avec la croyance en l’Etre Suprême, une option spirituelle dans un sens qui n’est ni défini, ni explicité : chacun se fait du Grand Architecte de l’Univers, c’est-à-dire de Dieu, une conception qui peut être purement personnelle et propre à la Religion qu’il pratique. On trouve depuis fort longtemps parmi les Francs-Maçons des Musulmans, des Chrétiens, des Israélites, des Bouddhistes…

La Franc-Maçonnerie Régulière étant fondée sur des principes et des prati¬ques qui ne peuvent que renforcer la Foi Religieuse de ses mem¬bres, la croyance en Dieu et la référence au Volume de la Sainte Loi, correspondant au Livre Sacré de chacun dans sa Religion, mon¬trent si besoin en était, le respect et l’attachement de la Franc-Maçonnerie Régu¬lière aux Religions monothéistes. C’est pourquoi il n’y a que des croyants parmi les Francs-Maçons Réguliers.

Nombre de candidats n’auraient-ils pas des mobiles intéressés, notamment pour développer leurs relations professionnelles ?

L’une des idées hélas trop répandue contre la Franc-Maçonnerie est qu’elle serait une organisation mystérieuse et occulte visant à exercer une influence sur les événements politiques, l’ordre social, le pouvoir. La vérité est que la Franc-Maçonnerie Régulière Traditionnelle n’a d’autre secret qu’un secret initiatique. Expressément, les Constitutions Maçonniques Traditionnelles obligent les Maçons à une parfaite loyauté à l’égard de leur Pays et de ses Autorités légitimes.

Toute association peut comporter, jusqu’au moment où elles sont démasquées, ses «brebis galeuses «. A la G.L.N.G., il est solennellement demandé à tout nouveau venu de jurer que de tels mobiles lui sont étrangers. Un individu sans scrupules peut toujours être parjure, mais au moins sait-il à quoi s’en tenir et, dans la mesure du possible, est-il ainsi découragé dans sa tentative.

C’est la stricte application au cours des siècles de tous ces principes qui a assuré le développement harmonieux et paisible de la Franc-Maçonnerie Régulière dans le monde.

Puissent ces quelques lignes éclairer l’opinion et guider les bonnes volontés !