Le Rite Français recouvre en réalité des rituels variés, un principe unique, celui de la maçonnerie du XVIIIème siècle, mais avec des applications multiples. Ce que l’on nomme « Rite Français » englobe en effet des usages et des rituels qui vont dépendre du lieu, de l’obédience mais aussi de la période à laquelle on se situe.

A l’origine, l’absence de rituels officiels, et en même temps la principale source de variations dans la pratique des Loges a été la liberté qu’ont eu les rituels d’évoluer. Les rituels primitifs étaient relativement simples par rapport à l’état dans lequel nous les voyons maintenant, qui est le résultat de cette évolution. Tout en conservant le même noyau primitif, ils ont donc été considérablement développés et enrichis.

  • En 1785, le Grand Orient de France fixe, pour les Loges de sa correspondance, le rituel des trois premiers Grades.
  • En 1786, le Grand Chapitre Général de France arrête les rituels de Hauts Grades, répartis en quatre Ordres.
  • En 1788, le Grand Chapitre Général de France constitue le système en 7 Grades qui sera par la suite dénommé Rite Français.
  • En 1801, le « Régulateur du Maçon » pour les Grades symboliques :
  • d’Apprenti, de Compagnon et de Maître ;
  • et le « Régulateur des Chevaliers Maçons » pour les Ordres de Sagesse :
  • de Maître Élu (ou Élu), de Maître écossais (ou Écossais), de Chevalier d’Orient (ou Chevalier d’Orient ou de l’Épée) et de Souverain Prince – Rose Croix ;

forment l’ensemble « uniformisé » de sept rituels du Rite Français.

Les trois premiers grades correspondent à quelques différences près aux trois premiers Degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Les grades suivants sont d’inspiration symbolique Rose Croix et sont pratiqués dans des Chapitres.

Le Rite Français porte alors également le nom de Rite Moderne, ou Rite Français Moderne, avec des dénominations différentes suivant les pratiques et usages.

Ce Rite détient les formes les plus proches de la première Franc-Maçonnerie pratiquée en France vers 1725 sous l’influence de Maçons anglais. C’est la traduction en français des rituels de la Maçonnerie « andersonienne » de 1717.

Il n’a pas subi de grandes influences étrangères et s’est simplement développé et enrichi au cours du temps par son dynamisme propre. Il est le meilleur représentant actuel de la pratique générale des Loges françaises du XVIIIème siècle.

Le Rite Français n’a pas de spécificité, sinon celle qui consiste à être représentatif d’un certain tronc commun maçonnique, à partir duquel se sont différenciés, comme des rameaux, d’autres rites doués de caractères distinctifs.

Il assoit son enseignement sur les emblèmes bibliques et les prétextes historiques qui y sont associés, mais il n’y adjoint aucune démarche hermétique et s’appesantit plus sur la valeur morale des allégories qui sont utilisées que sur leurs détails. 

Cela ne veut pas dire que le Rite Français ne contienne pas d’enseignement, mais il n’est nulle part développé sous la forme doctrinale explicite et discursive dans ses textes.  Les Travaux étant ouverts, ils offrent aux Frères des Grades symboliques un enseignement basé sur les principes et les allégories qui s’y rattachent, sans développer particulièrement une symbolique mystique, alchimique ou  chevaleresque présente dans d’autres rites. 

Le Rite ne se laisse découvrir que de l’intérieur, par la fréquentation assidue et la pratique de ses rituels, et s’exprime uniquement à travers ces rituels.